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Presse

Écoute, réconfort, conseils… La Maison des aidants de Caudan était leur refuge

Ils sont conjoints, enfants, proches de personnes touchées par la maladie ou le handicap. Depuis 2016, à Caudan (Morbihan), la Maison des aidants leur apportait écoute, réconfort et conseils. Depuis l’annonce de la fermeture du lieu, ils se sentent perdus.

« La maison des aidants m’a tout apporté. Maintenant, je ne sais pas trop comment cela va se passer. » Claude, 79 ans, ne cache pas son désarroi : l’annonce de la fermeture de la Maison des aidants (Caudan) le laisse totalement désemparée.

Le septuagénaire s’occupe depuis cinq ans de son épouse, 76 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer. « C’est très lourd, décrit-il. Je suis seul ici à m’occuper d’elle, les enfants sont loin. Elle est à la maison, je ne veux pas la placer. Ma femme était infirmière. Durant toute sa carrière, elle s’est occupée des autres… »

« Avec le sourire en plus »

Coup de main pour un dossier, aide psychologique, « avec le sourire en plus » : Claude n’a « que de bonnes choses à dire sur la Maison des aidants ».

Depuis 2016, l’association Kassiopée animait à Caudan la Maison des aidants. Un lieu d’écoute, d’accompagnement individualisé, de réconfort pour les personnes intervenant auprès d’un proche malade (Alzheimer ou pathologies associées) et/ou en situation de handicap.

La structure ferme ses portes, et quittera les locaux de Kerfléau le mois prochain. Le conseil d’administration de Kassiopée en a décidé ainsi. « Malgré notre volonté de trouver une collaboration constructive, nous faisons le choix de nous retirer du projet de la plateforme de répit « La Bulle des aidants. »

Une proximité

En décembre 2021, Kassiopée avait été contactée par l’Agence régionale de santé pour répondre à un appel d’offres concernant l’ouverture de cette plateforme de répit. L’association ne s’y retrouve plus aujourd’hui.

Les aidants qui fréquentaient Caudan seront, s’ils le souhaitent, accueillis par la nouvelle structure. Mais Chantal, Sylvie, Colette et les autres sont sceptiques.

Comme Claude, elles craignent de perdre le lien de proximité qui les unissait à Nathalie (partie à la retraite depuis), Myriam, Cécile, les salariées de l’association.

« Des liens entre nous »

« Nous, les aidants, on a l’impression de ne pas exister, souffle Chantal, qui prend soin de son mari souffrant d’Alzheimer et d’une forme de paranoïa. La seule reconnaissance que l’on avait, c’était avec Kassiopée. Au fil des années, on a aussi créé des liens entre nous. »

Ces proches aidants racontent à tour de rôle le mari ou la femme qui se lève et quitte la maison en pleine nuit. Les coups de fil des voisins : « Ta maman est dehors. »

Ils décrivent la douleur immense d’assister à la dégradation mentale et physique de l’être aimé. L’épuisement qui ronge l’aidant, sa propre santé mise en péril pour prendre soin de l’autre…

« On se retrouvera »

« Il y a quinze jours, j’ai craqué, confie Chantal. Myriam m’a dit : « Si vous voulez, je fais venir une psychologue chez vous. » C’était ça, la Maison des aidants. »

L’histoire n’est peut-être pas tout à fait finie. « Nous avons un conseil d’administration le 4 janvier 2023, informe Danièle Duduyer, la présidente de Kassiopée. On se retrouvera. On ne va pas s’arrêter là. »

Source : Ouest-France Catherine JAOUEN.