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Accompagner autrement aidants et aidés dans le Morbihan

By 15 avril 2020mai 24th, 2020No Comments
La Maison des aidants, à Caudan (Morbihan) a dû fermer provisoirement son lieu d’accueil, mais elle poursuit ses missions d’accompagnement auprès des aidants. Car, en pleine période de confinement, d’autres difficultés peuvent apparaître pour ces proches qui vivent aux côtés de personnes désorientées.

La Maison des aidants, qu’est-ce que c’est ?

À Caudan, l’association Kassiopée gère depuis 2016 la Maison des aidants, un lieu d’accueil et de répit pour les personnes qui accompagnent des proches souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’autres maladies neurodégénératives. Or, comme tout site recevant du public, la Maison des aidants est actuellement fermée jusqu’à nouvel ordre.

Comment s’adapter à la crise sanitaire ?

« Nous sommes fermés mais nous poursuivons notre action, informe Nathalie Pierret, l’une des responsables de Kassiopée. On s’adapte : on appelle régulièrement nos 70 adhérents ; on propose un service de courses, une distribution de jeux, des animations à distance, une chaîne de courriers… »

Qu’est-ce qui est suspendu ?

Accompagner un proche en souffrance est déjà délicat en situation « ordinaire ». Le faire en période de confinement peut vite générer d’autres difficultés. « Certains de nos adhérents pouvaient bénéficier des accueils temporaires en unité spécialisée pour leur proche, poursuit Nathalie Pierret. Or, avec les mesures de confinement, cette possibilité n’existe plus. Il y a aussi ceux qui ne peuvent plus aller rendre visite à leur conjoint accueilli en Etablissement d’hebergement des personnes âgées dépendantes (Ehpad) »

Quels sont les impacts du confinement ?

Le soutien psychologique existe tout au long de l’année à la Maison des aidants. Actuellement, il se poursuit mais par téléphone. « Chez la personne désorientée, peuvent être associés des troubles cognitifs importants et des pathologies psychiatriques (dépression, bipolarité…), énumère le psychologue de l’association. Le fait d’être confiné peut entraîner d’autres tensions… En fait, cette situation fait émerger plein de choses, des risques de violences intra-familiales, de la dépression, une forme de décompensation, voire chez les plus âgés qui ont connu la guerre, des réactivations de syndrome post-traumatique. »

Quelle prise en charge ?

Chez l’aidant, le confinement peut aussi générer naturellement de l’anxiété. « Certains peuvent le vivre comme une forme d’abandon, signale le psychologue. Lorsque je perçois une grande détresse, je peux contacter le médecin traitant ou l’infirmière qui assure les soins à domicile. »

Le contact téléphonique ne remplace pas le face-à-face. « Mais il permet déjà de nommer les difficultés rencontrées, d’apaiser les tensions. Ces rendez-vous téléphoniques aident aussi à jalonner une semaine, donner des repères » dans une période où le temps est comme suspendu.

Association Kassiopée, tél. : 02 97 88 92 09/06 83 64 42 47.

Consultez l’article sur Ouest France